
Le pitch : Wolverine et sa nouvelle équipe de X-Men tueurs prennent pour cible la réincarnation d'Apocalypse dans un corps d'enfant.
L'avis : Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose en rapport avec l'univers des X-Men et il fallait bien le tandem Remender-Opeña pour m'y entrainer à nouveau. Heureusement, la série ne traine pas trop de casseroles derrière elles. Il y a bien certaines allusions aux évènements antérieurs qui me sont passées au dessus de la tête, et puis je n'ai aucune idée d'où vient ce Fantomex qui appartient à l'équipe, mais tout ça reste accessoire au scénario.
Remender nous propose du X-Men qui tranche dans le vif et, pour bien poser la problématique, il met d'entrée ses personnages devant un dilemme presque classique : faut-il tuer un enfant avant même qu'il ne commette les crimes abominables qu'on lui connait dans le futur ? Sans vouloir dévoiler la chute, je pense qu'on peut dire que Remender affiche clairement qu'il ne fera pas dans la dentelle avec cette équipe. On en attendait pas moins de lui. Pour arriver là, vous aurez le droit à un scénario nerveux, bourré d'action, avec quelques touches d'humour dont certaines n'étaient peut-être pas indispensables. Les personnages sont bien dans le rôle, même Deadpool qui est tout de même parfois difficile à suivre dans ses délires. Plus que le scénario, c'est surtout le dessin d'Opeña qui fait la réussite de ce premier tome d'Uncanny X-Force. Ce mec a un sens du mouvement et de la composition qui ne cessera jamais de m'étonner. Son dessin est de plus en plus détaillé, je trouve, ce qui ne gâche rien. J'ai également beaucoup aimé le travail de design des nouveaux cavaliers d'Apocalypse.
Bref, tout cela ne m'a fait aucunement regretté ce retour à l'univers X. J'espère seulement pouvoir rempiler avec X-Force le temps de quelques tomes, avant que la série ne soit interrompue par un crossover à la con.

Le pitch : Les portraits des six protagonistes principaux, au passé et au présent.
L'avis : Après avoir relu le premier tome de la série, je me suis dis que j'avais peut-être été un peu optimiste et que la suite pouvait être une belle déception. Ce second tome a vite dissipé mes doutes. Déjà, je ne m'attendais pas à la rupture opérée dans la structure de la narration, puisqu'après avoir introduit l'ensemble des personnages d'un coup et les avoir mis en situation, Nick Spencer propose une série de six portraits individuels. Là où le scénario est bien foutu, c'est que chaque personnage révèle son lot de surprises, qui sont autant de mystères alimentant l'intrigue principale. Les rebondissements s'enchainent plutôt bien. C'est de la mécanique à la Lost. On ne comprend rien au tableau global, mais chaque pièce du puzzle est intéressante en soi et on sent le potentiel pour un final étonnant. Le problème avec ce genre de pari, c'est qu'on peut être sacrément déçu. La fragilité du scénario de Spencer, c'est aussi qu'il accumule beaucoup de questions sans ne fournir aucune réponse. Il faudrait que ça change rapidement, car le lecteur risque de se perdre au milieu de la nébuleuse. Côté dessin, sans être déplaisant, le style de Joe Eisma n'a rien de remarquable, ce qui est peut-être la véritable faiblesse de cette série. Personnellement, je pense signer pour la suite, mais avec un doute tout de même.

En tant que joueur, je garde un souvenir mémorable de parties de Delta Green. La parution de cette seconde édition en français était l'occasion d'aller voir les tripes de cette machine bien rodée et ce que les édition Sans Détour en avait fait. Petit rappel avant d'autopsier la bête : Delta Green propose un contexte conspirationniste contemporain dans l'univers de l'Appel de Cthulhu. Les joueurs sont des agents d'une organisation américaine ultra secrète, Delta Green, qui lutte contre des choses innommables tentant de réduire l'humanité à un vieux souvenir.
Une belle gueule
L'ouvrage avec sa couverture rigide redonne un coup de jeune à l'édition de 1999. Les illustrations et la mise en page ont été revues et sont de bonne facture. C'est globalement bien écrit et agréable à lire. Par contre, je suis plus que mitigé sur le contenu.
Tout pouvoir est une conspiration permanente
En lisant Delta Green, je me rends compte que ce n'était pas du tout l'aspect background que j'avais apprécié dans les parties jouées, mais l'ambiance enquête occulte dans un univers contemporain. Du coup, les conspirations proposées dans le livre de base me laissent complètement froid et ne me semblent pas particulièrement intéressantes, voire certaines ridicules. A cela s'ajoute un placage du Mythe artificiel et souvent inutile.
C'est dans les vieux pots que l'on fait... des vieilles soupes
Cette impression est d'autant renforcée que, contrairement à ce qu'y est annoncé, le jeu n'a subi qu'une mise à jour très légère. Certes l'histoire officielle court jusqu'en 2010, mais tout s'est arrêté au milieu des années 90. Les principales modifications dans le contexte occulte sont les années ajoutées aux personnages... De plus, j'ai l'impression que les thèmes qui marchaient il y a quinze ans sont dépassés. Il y a pourtant de la matière en cette deuxième décennie des années 2000 pour se renouveler. Où sont les terroristes ? les services secrets chinois ? les agences privées de sécurité ?
Si je ne devais garder qu'une chose de Delta Green seconde édition ce serait les scénarios. Plutôt sympa, ils proposent des ambiances variées qui feront la joie de toute table. Du classique bien solide.
Rien que pour vos yeux
Dans la même catégorie de jeu, j'opte sans hésitation pour Esoterroriste qui balaie le contexte en huit pages et offre des scénarios tout aussi palpitants. A chacun ses goûts...

Le pitch : Quelques courtes aventures d'Hellboy à différentes époques de sa vie d'agent du B.P.R.D.
L'avis : La suite du destin d'Hellboy mettant bien du temps à venir, Mignola nous propose après The Crooked Man and Others une deuxième compilation d'histoires courtes. Les fans de la série s'impatienteront peut-être, mais, personnellement, je ne me plaindrai pas, car c'est du matériel de bonne qualité.
L'ouvrage démarre avec l'histoire de la rencontre entre Hellboy et des catcheurs mexicains tueurs de monstres. Ça a l'air loufoque dit comme ça, mais l'épisode se révèle tragique et finalement assez touchant. Au dessin, on retrouve Richard Corben, toujours aussi à l'aide dans sa collaboration avec Mignola. C'est d'ailleurs l'illustrateur principal de ce tome, puisqu'il officie aussi sur trois autres histoires, moins réussies, mais somme toute tout à fait distrayantes.
L'histoire la plus longue, initialement une mini-série en deux épisodes, met en scène Hellboy face à des vampires, monstres qu'on a finalement pas trop l'habitude de rencontrer chez Mignola. Là encore, très belle collaboration avec Scott Hampton dont le style colle parfaitement à l'intrigue.
Reste deux morceaux pour conclure. Tout d'abord, Mignola reprend les crayons pour une histoire de 8 pages publiée sur le site web de USA Today, donc à destination de lecteurs totalement étrangers à l'univers d'Hellboy. Autant dire qu'il n'y a rien de substantiel et d'original à attendre de cet exercice promotionnel, mais ça se lit bien tout de même. En guise de conclusion, Mignola nous offre au contraire un scénario atypique dans lequel Hellboy se retrouve à castagner des extra-terrestres fans d'expérimentations sur l'homme (sonde rectale y compris). On est très clairement dans le domaine de la parodie et c'est surtout l'occasion de revoir le trop rare Kevin Nowlan au dessin.
Au final, les scénarios sont de qualités inégales, mais jamais médiocres, et, côté dessin, c'est un pur plaisir de lecture. Dans ces conditions, je peux bien patienter encore pour le retour de la série régulière.

...et ça fait plaisir.
Merci aux rédacteurs et éditeurs des différents articles parus sur Élégie :
- Le Fix de la semaine 37 2011
- Jeu de rôle magazine n°17
- Di6dent n°4
Et avec en prime la fiche du grog.
Allez la bonne résolution de l'année, si j'ai le courage je mettrai d'autres choses en ligne...
Le site pour Élégie c'est par ici.
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